Le DPE des logements de la Reconstruction à Arras

Mis à jour : août 2026

En bref

44,6 % des logements arrageois diagnostiqués datent de 1948-1974 et 21,2 % d'avant 1948. Cette cohorte affiche 17,0 % de passoires contre 12,0 % pour la ville : l'écart le plus marqué que nous ayons mesuré.

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Une ville rebâtie deux fois

Arras a connu deux reconstructions. La première suit la Première Guerre mondiale : la Grand-Place et la Place des Héros sont relevées dans les années 1920, à l'identique du baroque flamand d'origine.

La seconde suit 1945 et concerne les quartiers périphériques. Les deux se lisent dans les données : 21,2 % du parc date d'avant 1948, part inhabituellement élevée pour une ville détruite, et 44,6 % de 1948-1974.

Le plus fort écart mesuré

17,0 % des logements de la cohorte 1948-1974 sont classés F ou G, contre 12,0 % pour l'ensemble de la ville. Cinq points d'écart, la différence la plus marquée relevée sur nos villes reconstruites.

Autrement dit, l'après-guerre arrageois est nettement plus mal noté que la moyenne locale, alors même que la ville conserve un parc ancien important. La chronologie l'explique : ces logements ont été bâtis avant toute exigence thermique.

Pourquoi l'ancien s'en sort mieux ici

Les immeubles de la Grand-Place et du centre présentent des maçonneries de brique épaisses, avec une inertie réelle. Beaucoup ont été rénovés dans le cadre de programmes patrimoniaux successifs.

Les constructions des années 1950 et 1960, elles, ont été bâties vite et avec des matériaux économiques, puis peu reprises depuis. L'âge n'est donc pas un bon indicateur de performance : le soin apporté et les rénovations ultérieures comptent davantage.

Le réseau de chaleur, majoritaire

55 % des logements de la cohorte sont raccordés à un réseau de chaleur, une part remarquable. Le gaz suit avec 36 %.

Ce raccordement porte sur la note climat, qui dépend du contenu carbone du réseau, pas sur la consommation propre du logement. Un immeuble raccordé mais non isolé reste jugé sur ce qu'il consomme, et c'est la moins bonne des deux étiquettes qui détermine la classe.

Ce que le raccordement change au conseil

Sur un immeuble raccordé, il n'y a rien à gagner en changeant l'équipement de chauffage : le logement n'en a pas. Tout le potentiel se trouve dans l'enveloppe.

Isolation des façades, traitement des toitures et remplacement des menuiseries d'origine deviennent les seuls leviers disponibles. Cela simplifie la décision et rend l'audit énergétique d'autant plus lisible.

Un parc à 85 % collectif

85 % des logements de la cohorte sont des appartements. Les travaux d'enveloppe relèvent donc de la copropriété, et un propriétaire seul ne peut agir que sur ses menuiseries et sa ventilation.

Cette contrainte a une contrepartie : une isolation de façade votée en assemblée générale améliore la note de tous les lots simultanément, pour un coût par logement inférieur à celui d'interventions dispersées.

Ce que 17 % de passoires implique

Près d'un logement sur six de cette cohorte est classé F ou G, donc concerné par le calendrier d'interdiction progressive de mise en location. C'est un volume significatif à l'échelle de la ville.

Les propriétaires bailleurs concernés ont intérêt à anticiper : les passoires thermiques qui ne sont pas traitées à temps sortent du marché locatif sans autre recours que la vente ou les travaux.

À la vente ou à la location

Le DPE accompagne les autres diagnostics de vente. Sur ce parc d'après 1949, le constat plomb ne s'applique généralement pas, mais le repérage amiante reste fréquent jusqu'aux permis de 1997.

L'état des risques y ajoute les particularités locales, dont les cavités souterraines qui parcourent le sous-sol arrageois.

Questions fréquentes

Pourquoi parle-t-on de deux reconstructions à Arras ?

La Grand-Place et la Place des Héros ont été relevées dans les années 1920 après la Première Guerre mondiale, à l'identique du baroque flamand. Les quartiers périphériques ont été rebâtis après 1945.

Quelle part du parc date de 1948-1974 ?

44,6 %, tandis que 21,2 % date d'avant 1948, part inhabituellement élevée pour une ville détruite. Les deux reconstructions se lisent directement dans ces chiffres.

Le bâti ancien est-il mieux noté que celui des années 1950 ?

Oui : la cohorte 1948-1974 compte 17,0 % de passoires contre 12,0 % pour la ville. Les maçonneries de brique anciennes ont de l'inertie et ont souvent été rénovées, l'après-guerre beaucoup moins.

Que faire quand on est raccordé au réseau de chaleur ?

Tout le potentiel est dans l'enveloppe, puisque le logement n'a pas d'équipement de chauffage propre. Isolation des façades, toitures et menuiseries deviennent les seuls leviers disponibles.

Puis-je agir seul sur mon appartement ?

Sur les menuiseries et la ventilation uniquement. L'isolation des façades relève de la copropriété, mais elle améliore la note de tous les lots à la fois, pour un coût par logement plus faible.

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